Yoga et mars

Mars est le mois qui annonce la saison du printemps.
C’est une nouvelle énergie qui s’amorce, un renouveau.
Nous pouvons observer et entendre les oiseaux qui font leur réapparition.
Il est fréquent de les voir avec des brindilles dans leur bec pour la construction de leur nid.
Les paysans retournent, labourent leur terre pour l’aérer et la rendre fertile afin de pouvoir y semer leurs plantations.
C’est une période qui est aussi caractérisée par une alternance de pluies, de journées ensoleillées et de giboulées…
L’homme, étant à l’image du macrocosme, est sensible à toutes ces variations.

Les postures d’ancrages et d’équilibres ont été au cœur des pratiques de yoga durant l’hiver.
Cependant, parce que l’équilibre est précaire, il est tout à fait possible de sentir de l’instabilité tant physique que moral dans cette transition de saison.
Le mois de mars est une période délicate car le corps sort de sa torpeur de l’hiver.
Durant la saison vata, le dosha Kapha s’est accumulé et va arriver à son apogée durant cette époque de l’année.
Un des premiers signe d’un excès de ce dernier est la prise de poids.
Le système digestif a été ralenti et les graisses se sont accumulées.
Par cette transition de vibration, le mental est lui aussi déstabilisé et le moral peut être perturbé.
Entre l’énergie du printemps qui pousse vers l’extérieur et celle de de l’hiver qui invitait à l’intériorité, il est difficile de trouver le juste milieu.

A l’image du paysan qui entretien sa terre pour la rendre fertile; afin de favoriser des nouveaux engagements et maintenir une unité entre les pensées et les actions; le corps doit se débarrasser de toutes les toxines physiques et psychiques qui empêcheraient des nouvelles graines d’éclore…

La pratique d’âsana va aider à maintenir l’ancrage tout en développant l’énergie nécessaire pour élever le niveau de conscience.
Ainsi, dans les postures en torsion, le corps est ancré, vissé au sol et dressé en spirale vers le ciel .
Physiquement, dans la posture de Matsyendra âsana, par la compression alternative d’une moitié de l’abdomen, le colon est le premier stimulé.
Lorsque l’âsana est entreprise par le coté droit de l’abdomen, c’est le gros intestin, le foie et le rein droit qui sont massés.
Puis lors de la seconde partie de la posture, en plaquant la cuisse gauche sur l’abdomen, c’est le massage de la rate, du pancréas et du rein gauche qui est effectué.
Par cette posture, tout le système digestif est dynamisé.

Matsyendrâsana,
«stimule le feu digestif de façon telle que toutes les maladies sont éliminées.»
Selon le Hatha yoga pradîpikâ I-27,

Psychologiquement, les torsions et les rotations ne font pas parties des mouvements effectués dans le quotidien.
En les pratiquant régulièrement l’esprit devient plus souple, plus flexible et il s’adapte plus facilement au changement, alors l’accueil du nouveau est fait avec plus d’aisance.

Le comportement des oiseaux nous donne aussi matière à réfléchir.
Au rythme des saisons, en concordance avec la nature, ils migrent vers d’autres horizons laissant derrière eux leur nids, l’ancien.

Toutes les pratiques en yoga, dictées par la nature et par nos propres expériences, nous permettent de progresser vers un niveau de conscience supérieure.
Durant ce mois de mars, c’est le temps de se détacher du super flux, de faire le tri sur le plan matériel et aussi dans les attitudes et les modes de penser qui nuisent à l’évolution.
Laisser aller l’ancien et laisser place au nouveau…

Dans ces différentes attitudes de nouvelles perspectives apparaissent, de nouvelles portes s’ouvrent dont celle du contentement, Santosha.
S’inscrire dans l’ici et le maintenant, observant la vie et tous les petits enseignements qui allègent, guident et permettent d’Être heureux.

«Santosha annuttamah Sukhalabhah»,
Par le contentement s’obtient le bonheur suprême.
(YS 2.42)

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