Les âsanas

L’ âsana est une pratique psycho-physique.
C’est la troisième étape de l’Ashtanga-yoga que nous enseigne Patanjali
auteur des Yoga-Sûtra.
Une âsana est traduit littéralement par le fait de s’asseoir.
La racine AS, est la même que le mot assiette, « être bien dans son assiette.
« sthira sukham âsanam. sthira » Yoga-sutraII-46
La posture doit être ferme, stable et confortable.
La posture nous permet, par l’immobilité, de connaître les limites de notre corps physique, d’observer et de stabiliser le mental.

A travers diverses âsanas, le yogi atteint une connaissance et une maîtrise, un état d’équilibre dans lequel les opposés coexistent :
«A partir de cela, on n’est plus assailli par les dilemmes et les conflits.» YS-II- 48.

Une des particularités de l’enseignement de Shri Mahesh, transmit par la Fédération Française de Hatha Yoga, est que la notion de symbolisme dans l’âsana.
Le symbole permet d’avoir un impact sur l’intellect pour accéder aux sens cachés des choses.
«Le symbole nous transpose sur un autre plan de conscience, Il donne accès aux aspects invisibles, voire les plus profonds, de la réalité.
La connaissance du symbolisme nous aide ainsi à prendre conscience
de l ‘énergie.»
Shri Mahesh, Le Souffle, parole de vie.

Dans le Sûtra II-10 il est dit: «Quand ces causes de souffrance sont légères, on peut les éliminer en les prenant à contre-courant.»

Ainsi dans la prise de posture du poisson, Matsya âsana, peut aider à révéler, par sa pratique régulière, les automatismes mis en place.
Selon les textes Patanjali méditait au bord d’une rivière lorsqu’il vit un poisson monter la rivière à contre courant.
Il eut ainsi une révélation : la vie selon lui, doit être prise à contre-courant, aller contre nos tendances inférieures, notre ego et nos automatismes.
Un autre exemple, les postures à genoux, dans leurs aspects symboliques évoquent l’humilité et la dévotion.
“Elles ont pour effet de détruire l’ego, diminuer l’orgueil en développant la dévotion et l’élan du cœur.” nous révèle Shri Mahesh dans Yoga et Symbolisme.
Cette famille de posture à genoux rappelle à l’homme son origine, sa dépendance, son respect et sa reconnaissance à la terre nourricière.
La pratique des âsanas permet de prendre conscience de notre dualité physique:
quel muscle s’étire, lequel se relâche…

Il est important d’observer notre attitude face à la prise et à la tenue de la posture.
La résistance et les tensions que nous créons parce que nous “décidons de faire la posture”, ce qui pourrait, par extension, dessiner notre manière d’agir dans notre vie.
C’est dans la détente des muscles et de l’ensemble du corps physique que nous pouvons réellement vivre l’âsana.

Par extension, dans notre manière d’agir et dans notre quotidien ne pas résister aux événements nous aide à accueillir les enseignements de la vie et de régler un à un les obstacles et ainsi remonter de l’effet à la cause.

Tout ce qui se trouve au niveau le grossier se répercute sur les plans les plus subtils.
Dans les “Niyama”, deuxième anga des Yoga-sûtra, nous retrouvons Samtosha, le contentement, la satisfaction de ce que l’on est.



Accepter les limites de notre corps développe en nous l’acceptation de la loi universelle de la nature, le Dharma.

Ainsi, l’âsana nous permet d’observer nos attitudes, nos états d’esprit et de les unir afin de transformer notre vie.
Dans l’âsana ,“le mental identifié à l’infini, le yogi atteint un certain dépassement de lui même; il n’est plus déstabilisé par les dualités.”
Shri Mahesh, Yoga et Symbolisme.

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